L’art de la transcription

On ne saurait parler de transcription sans penser immédiatement à Franz Liszt, tant il a marqué cet exercice de son empreinte, s’attaquant aussi bien à l’opéra qu’au lied, à la symphonie qu’à l’oratorio, transcrivant ses aînés comme ses contemporains, et même ses propres œuvres !

Si la transcription eut souvent un rôle de diffusion de la musique (faire entrer un orchestre symphonique dans un salon équipé d’un simple piano), avec Liszt elle devient œuvre de concert à part entière tant elle requiert une virtuosité souvent transcendante.
Les compositeurs ne sont pas seuls à avoir effectué des transcriptions. 
Nous devons à nombre de grands interprètes du passé d’avoir, eux aussi, largement transcrit ou “arrangé” une partition, comme le fit Vladimir Horowitz (à charge pour d’autres ensuite de coucher sur le papier cette nouvelle version d’après les enregistrements du pianiste !).
Nous donnons ensuite la parole à des pianistes d’aujourd’hui, qu’ils se livrent à l’exercice délicat de la transcription – nous avons interrogé Arcadi Volodos, Cyprien Katsaris et Michel Dalberto – ou qu’ils aiment à jouer ce pan de répertoire, comme c’est le cas, parmi bien d’autres, de Philippe Cassard, Alexandre Tharaud et Shani Diluka.
Enfin, on ne peut clore un dossier sur la transcription sans rappeler l’importance du quatre-mains, un genre qui contribua largement à la diffusion du répertoire symphonique au 19e siècle.

Les articles de ce dossier

Franz Liszt et la transcription

La transcription musicale est l’adaptation d’une partition à un ou plusieurs autres instruments que ceux prévus par le compositeur. Elle peut aller de la simple réduction “piano-chant” d’un opéra à des recréations très élaborées, qui en font un art à part entière. Petite histoire de la transcription, dont le roi fut Franz Liszt.

Pianistes de légende et transcription

Nombreux sont les pianistes virtuoses qui s’adonnent au plaisir de la transcription d’opéras, de lieder ou de pièces orchestrales. Désir de briller ? Désir de s’approprier des œuvres que l’on aime ? Que retirent-ils de ce brillant exercice ?

Arcadi Volodos : le musicien éclipse le virtuose

Salué comme l’héritier de Cziffra et d’Horowitz dès son apparition sur la scène internationale - mais certains, qui l’avaient entendu en privé, avaient commencé à répandre la nouvelle –, Arcadi Volodos doit en réalité être reconnu comme un immense pianiste aux qualités qui n’appartiennent qu’à lui.

Cyprien Katsaris : « Transcrire n’est pas nécessairement dénaturer »

La liste des transcriptions composées et jouées par Cyprien Katsaris, grand virtuose, est longue. Citons seulement les neuf symphonies de Beethoven ! Et aussi, de Bach, la Toccata et Fugue en ré mineur, ou encore la fameuse Badinerie de la Suite n° 2 en si mineur... sans oublier, de Mozart : la 40e Symphonie, la Petite Musique de nuit...

Michel Dalberto : « Les pianistes sont des transcripteurs nés »

En entendant les Quatre Derniers Lieder de Richard Strauss, Michel Dalberto les a transcrits au piano de mémoire avant d’acheter la partition. C’est dire son goût pour la transcription et son aptitude exceptionnelle !

Philippe Cassard : « Certaines transcriptions ont surtout une vocation utilitaire »

Défiant les puristes, le pianiste français défend la transcription qui représente, selon lui, un répertoire immense et gratifiant

Alexandre Tharaud : « La transcription fait partie intégrante de la vie du concertiste »

Avec son toucher sensible et raffiné, cet interprète s’illustre particulièrement dans le répertoire baroque, notamment dans les œuvres de Rameau, Couperin ou encore Scarlatti. Il prépare un prochain album dédié aux Concertos de Bach...

Shani Diluka :« Transcrire Chopin serait trahir sa musique »

Influencée par la grande tradition germanique, la pianiste d’origine sri-lankaise s’est lancée récemment dans un enregistrement de l’intégrale des Concertos pour piano de Beethoven.

Les transcriptions pour quatre mains

Qui n’a pas eu le plaisir de jouer à quatre mains l’Adagietto de la Septième Symphonie de Beethoven ou l’Ouverture du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn ne connaît pas une part du bonheur que prodigue la pratique du piano : retrouver les thèmes aimés, compter les mesures, les jouer à deux avec ce que cela implique d’efforts, de rire et d’émotion.