Maria Szymanowska, «le plus fou des talents»

Etrange paradoxe qui consiste à idolâtrer un artiste de son vivant et à s’empresser de l’oublier dès sa disparition... Maria Szymanowska en fut un exemple d’autant plus flagrant qu’elle faisait partie du nombre restreint, mais croissant à travers l’Europe, de femmes pianistes, compositrices et pédagogues dont l’art est sorti des salons pour s’imposer au public.

Qui était donc cette « ravissante Toute-Puissante sur le royaume des sons », d’après l’expression de Goethe reprise par Romain Rolland (1) ?

Un talent précoce

Marianna Wolowska naît à Varsovie l’année de la Révolution française dans une famille juive convertie au catholicisme. Talent précoce, elle étonne par la qualité de ses improvisations sur une épinette. A 8 ans, elle commence à prendre des cours de piano : ses deux professeurs, Lisowski et Gremm, resteront les seuls à lui avoir enseigné les rudiments de l’art pianistique et de la musique. Elle forgera sa brillante technique et son art d’expression musicale par un travail personnel acharné et des conseils de musiciens expérimentés rencontrés au cours de sa carrière. Elle suivra également de très près l’évolution du pianoforte lui-même et ses préférences évidentes iront vers le modèle anglais de Broadwood.

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