Jazz : que faire de la main gauche ?

Lorsqu’un jeune pianiste se met à pratiquer le jazz, il commence en général par improviser des lignes mélodiques à la main droite. Mais un problème de taille s’impose vite à lui : que faire avec la main gauche ?


Naturellement, l’apprenti jazzman se tournera vers les enregistrements des maîtres et découvrira alors une part essentielle de l’art du piano jazz qui ne saute pas immédiatement aux oreilles. Or, il s’avère que la main gauche des jazzmen est en réalité un marqueur stylistique essentiel, tant au niveau de l’idiome pratiqué que de celui du style propre aux nombreux pianistes.

De l’art de la pompe

A la fin du 19e siècle, la première forme de jazz voit le jour sous la forme du ragtime. Fortement imprégnés de littérature musicale romantique, les compositeurs de ragtime n’en retiennent pourtant que la “pompe” pour ce qui concerne la main accompagnatrice. Dans une mesure à quatre temps, elle consiste en l’alternance d’une basse posée sur les temps forts avec un accord sur les temps faibles. Bien que l’on retrouve cette technique bien connue dans le Moment musical op. 94 n° 3 de Schubert, dans le Nocturne op. 55 n° 1 de Chopin ou encore dans la quasi-totalité des Rhapsodies hongroises de Liszt, il semble que la présence constante de la pompe dans la musique de ragtime soit aussi issue de la transcription au piano seul de la musique des orchestres de rue de La Nouvelle-Orléans.


Pour lire la suite de cet article (23 mots):