Marie Jaëll : transmettre l’esprit lisztien

La personnalité fascinante de Liszt a attiré dans son sillage des légions de pianistes venus de toute l’Europe et même d’Amérique, pour suivre un enseignement unique en son genre. Marie Jaëll a travaillé, elle aussi, avec le maître. Cette rencontre a eu un impact essentiel sur son évolution musicale et sa méthode pédagogique.

Marie Jaëll-Trautmann, pianiste d’origine alsacienne, était mariée à un virtuose de réputation européenne, Alfred Jaëll (1832-1882), jeune pianiste qui a fait connaître très tôt la musique de Liszt. Elle suivit elle aussi l’enseignement de Liszt et fut très tôt remarquée comme l’une de ses meilleures interprètes.

Liszt, maître et ami

Un critique écrit déjà en 1872 qu’elle « excelle dans l’interprétation de la musique de Liszt qui réclame souvent des contrastes... ». En 1885, l’Album du Gaulois qui intègre l’une de ses œuvres, Sphinx, dans l’anthologie qu’il publie, illustre très bien la réputation dont elle jouissait dans le milieu musical : « Liszt est son maître et son modèle, mais son sentiment original éclate partout dans ses remarquables concertos, sa musique de chambre, ses pièces pour piano seul et ses mélodies. » Saint-Saëns, avec qui elle travaille la composition, déclare même : « Il n’y a qu’une personne au monde qui sache jouer Liszt : c’est Marie Jaëll. »

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