Gérard Pesson : silences et dispositions furtives

La musique contemporaine pour piano oscille entre deux tendances, la pléthore et le minimalisme. Gérard Pesson est un représentant de cette dernière tendance.

D’un côté, un discours virtuose et parfois d’une ahurissante complexité, qui triomphe dans les sonates de Boulez et Barraqué ou dans les œuvres de Xenakis ; de l’autre une aussi étonnante parcimonie. Le siècle romantique n’avait connu ni cet excès ni cette retenue. L’œuvre pour piano de Gérard Pesson a choisi la seconde voie. Voie de la sagesse peut-être, comme semble l’indiquer la référence à la réplique de Roberto Benigni dans La Voce della luna de Fellini : « Si nous étions tous un peu plus silencieux, peut-être pourrions-nous comprendre quelque chose », qui figure en exergue du CD monographique regroupant la quasi-totalité de sa production pianistique*.

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