Guillaume Coppola : de Liszt à Granados

Le jeune pianiste français revient sur les moments forts de son parcours. Portrait d’un musicien accompli.

On avait découvert Guillaume Coppola en 2009, à l’occasion de la parution de son album Liszt (Calliope). « Je voulais faire mes preuves avec ce premier disque. J’ai choisi un programme très difficile, en partie pour montrer que je pouvais être pris au sérieux dans ce métier », confie le jeune musicien. Ce n’est peut-être pas un hasard si ce natif de Besançon consacre son premier enregistrement au compositeur hongrois. Il a étudié en stage d’été avec France Clidat, celle que l’on surnommait “Madame Liszt”. « C’était une femme de tempérament. Elle croyait en moi et m’a donné confiance pour me battre contre moi-même, avancer, progresser. » En 2012, Guillaume Coppola délaisse le spleen lisztien pour les couleurs de Granados. « J’avais besoin de lumière. La musique de Granados est très rythmique, elle évoque la danse, le soleil et véhicule beaucoup de joie, de sensualité. » Le toucher de Guillaume Coppola est à l’image de la langue espagnole : fluide, chantant et aux sonorités parfois rugueuses. Son jeu flamboyant est sans doute redevable de ses années d’apprentissage au Conservatoire de Paris auprès de Bruno Rigutto. « Avec lui, il fallait que je sorte de moi quelque chose d’exceptionnel, que je sois investi émotionnellement à 100 % sur chaque note. » La formation de Guillaume Coppola a également été marquée par Nicholas Angelich, alors assistant de Bruno Rigutto. « J’étais très impressionné par lui, par sa grande main très puissante. C’est un tel géant du piano ! Quand je sortais de ses cours, j’avais deux fois plus de questions qu’en arrivant. » Artiste complet, Guillaume Coppola se passionne également pour l’enseignement. Il est en effet professeur au conservatoire d’Aulnay-sous-Bois. « Cela oblige à se poser des questions, à ne pas rester dans sa bulle. C’est important de pouvoir transmettre ce qu’on a appris, de partager son expérience et de trouver la formule juste pour parler de musique. » Fin 2013, il enregistrera en duo avec le baryton Marc Mauillon l’intégrale des mélodies de Poulenc sur les poèmes d’Eluard (Eloquentia). Une sortie que l’on attend avec impatience.