Piano classique et piano jazz

Contrairement à une idée communément répandue, le jazz et le classique ne se sont jamais vraiment perdus de vue, surtout dans la musique pour piano. A ses débuts, le jazz s’est inspiré du classique, puis ce fut l’écriture qui prit en compte l’oralité du jazz. Aujourd’hui, les deux genres se rejoignent au point, parfois, de se confondre.

Si l’on examine les pièces apparues depuis le véritable premier acte du piano jazz, à savoir le ragtime à la fin du 19e siècle, les deux traditions musicales se sont toujours inspirées l’une l’autre, le jazz des débuts absorbant par exemple les harmonies de Ravel et Debussy (cf. Ellington) tandis que les jazz bands inspiraient de nouvelles sonorités aux Milhaud, Martinu et autres Tansman. Jusqu’à parvenir dans les années 1950 à ce que Gunther Schuller nommera le third stream, une troisième voie, pas uniquement jazz ni absolument classique, combinant les deux conceptions.
Moins que les techniques employées, c’est de la présence même du répertoire classique dans le jazz qu’il sera question dans les lignes suivantes. Et s’il est un domaine où la manifestation de cette interaction est pour le moins patente, c’est bien celui du piano, instrument-laboratoire propice aux échanges, cela en des tendances frappantes qui, de manière synthétique, pourraient être réparties en trois volets.

Pour lire la suite de cet article (3381 mots):