Debussy résolument moderne : 22 compositions pour 24 préludes

Pour le 150e anniversaire de Debussy, Hugues Leclère a commandé à vingt-deux compositeurs une pièce de quelques minutes, témoignage de leur filiation au maître des vingt-quatre Préludes.

Ces vingt-deux pièces étaient destinées à être intercalées entre les Préludes de Debussy et à entrer en résonance avec ceux-ci. « Ce qui était moderne à l’époque de Debussy ne l’est plus pour nous, nous dit Hugues Leclère. Une commémoration a toujours un côté stérile. Ce que j’ai voulu, c’est retrouver la modernité du langage à travers des croisements avec des compositions contemporaines. » Les compositeurs se sont prêtés à l’exercice et les grands noms de la composition contemporaine sont présents.

Chacun a répondu à l’appel et a exprimé à sa façon l’empreinte laissée par Debussy, de façon plus ou moins transgressive, avec une distance plus ou moins évidente en regard de la composition d’origine. Dans certains cas, des titres évocateurs, voire ironiques, comme le Debucide de Laurent Durupt (un parricide à peine déguisé), ou Dense… englouti de Philippe Leroux (entre La Danse de Puck et La Cathédrale engloutie). Pour d’autres, ce sont des éléments formels identifiables, comme dans Les Parhélies de Suzanne Giraud (entre La Terrasse des audiences du claire de lune et Ondine) « qui fait entrer Ondine à rebours, avec des accords inversés », explique Hugues Leclère, ou des influences revisitées, comme celles du jazz dans la musique de Debussy à travers le Mister Quick Pick de Marc-Olivier Dupin (entre Ondine et Hommage à S. Pickwick Esq. P.P.M.P.C.). « Chaque compositeur s’est approprié “ses” deux préludes à sa façon, avec son langage propre. Aucune pièce n’est anecdotique, chacune a sa légitimité, son indépendance et sa filiation avec Debussy ; l’hommage reste là, même si le langage a évolué », explique Hugues Leclère.

Au final, deux concerts d’une heure quarante pour le Livre I (dont une heure pour les créations) et d’une heure vingt pour le Livre II (dont 40 minutes de création), donnés par Hugues Leclère début 2012 au CRR de Paris et à la Cité de la musique (voir encadré) ; une tournée prévue en France et à l’étranger en 2012-2013 ; la publication d’un coffret de CD prévue avant la fin 2012, avec la collaboration des musicologues Christian Accaoui et Anne Roubet.

 

“Debussy, poète de la modernité“, les œuvres commandées et créées par Hugues Leclère
Cité de la musique à Paris, le 4 février (Livre II)
Vent d’automne – Hugues Dufourt
Debucide – Laurent Durupt
Tarte au chocolat – Bruno Mantovani
Après… “les fées” – Gilbert Amy
Intermezzo – Thierry Escaich
No-ja-li – Gérard Pesson
Les Parhélies – Suzanne Giraud
Mister Quick Pick – Marc-Olivier Dupin
Le Chant du Nâga – Pierre Thilloy
Sixtes et quintes, quartes altérées…
les larmes des sons – Michael Levinas
Echappée – Frédéric Durieux

CRR de Paris, le 13 mars (Livre I)
Chemins qui ne mènent nulle part – François Narboni
En écho – Philippe Hersant
Thrift – Thomas Adès
Eté – Nicolas Bacri
Au-delà de la lumière d’Anacapri – Anthony Girard
Prélude – Karol Beffa
Ce qu’ont vu… les chevaux d’Alain – Alain Louvier
Chanson d’après un poème de Ronsard – Françoise Choveaux
La Pythie l’avait prédit – Richard Dubugnon
Dense… englouti – Philippe Leroux
Comedy Sketch – James Wintle

Hugues Leclère en quelques dates
1968 Naissance à Antony (92)
1989 Entrée au CNSMD de Paris
1995 Professeur au CRR de Paris
2003 Création du festival Nancyphonies
2007 Création de Foremi, e-formation professionnelle des pratiques instrumentales